le combat d’une pharmacienne contre le Sida

Après s’être battue en solitaire pour lancer la production de médicaments génériques contre le sida en Thaïlande, la pharmacienne Krisana Kraisintu se consacre maintenant à l’Afrique. Sans pour autant oublier l’Asie : Krisana s’apprête à former des scientifiques africains… en Chine

 
Le Docteur Krisana Kraisintu (Photo Emmanuelle MICHEL)

Du simple "bon sens". Difficile d’être plus humble que Krisana Kraisintu lorsqu’elle décrit les débuts de son combat pour faciliter l’accès des malades du sida thaïlandais aux traitements. Ce sont pourtant en grande partie les travaux de cette pharmacienne issue d’une riche famille du sud du pays qui ont permis à la grande majorité des patients thaïlandais de bénéficier de traitements gratuits. Au début des années 1990, Krisana travaille pour l’Organisation pharmaceutique gouvernementale (GPO). La scientifique se rend compte du coût très élevé des traitements anti-sida. Sans aucun soutien du GPO, cette pharmacienne décide donc de mettre elle-même au point des versions génériques, beaucoup moins chères, des médicaments. "Démarrer la production a été très difficile. J’allais de conférences en séminaires pour faire des annonces pour trouver les matières premières, très chères. Personne ne voulait travailler avec moi. J’ai beaucoup souffert psychologiquement," se souvient le Docteur Krisana, visage jovial et brushing poivre et sel. Elle reçoit même des menaces téléphoniques. Les enjeux financiers sont énormes dans ce domaine, en particulier pour les laboratoires pharmaceutiques occidentaux. A force de ténacité, Krisana parvient tout de même à ses fins. Les premiers médicaments sont prêts en 1995. En 2002, tous les malades du sida en Thaïlande, soit environ 20.000 personnes, peuvent bénéficier de traitements, contre seulement 600 en 1991. En 2001, elle met au point un cocktail de trois molécules permettant de simplifier les traitements.

Au Congo, ravagé par la guerre
Dès lors, Krisana considère que la situation est suffisamment satisfaisante en Thaïlande pour se tourner vers d’autres champs de bataille. En premier lieu, l’Afrique. En 2002, elle part pour la République démocratique du Congo (RDC) pour aider les propriétaires d’une usine pharmaceutique à lancer la production de génériques anti-HIV. Dans cette région du Nord-Kivu, ravagée par la guerre, Krisana recommence tout à zéro, de la reconstruction de l’usine à la formation des employés. Là encore, ses efforts paient. En 2005, la production de génériques commence, permettant de traiter 30.000 personnes. "Je n’oublierai jamais la phrase que les Congolais m’ont dite pour me remercier : "Les connaissances que vous nous avez apportées, personne ne pourra nous les reprendre"." Elle aide aussi la Tanzanie à mettre sur pied une usine, ainsi que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dans le cadre de projets soutenus par le ministère thaïlandais des Affaires étrangères. Elle élargit la palette de médicaments à ceux permettant de lutter contre le paludisme. Dernier projet en date : associer la Chine, qui investit massivement en Afrique, à son combat. Krisana a ainsi réussi à faire construire une usine pharmaceutique dans le Nord-Est de la Chine. Elle prévoit d’y envoyer en formation des Africains et se fiche des critiques contre la politique chinoise en Afrique. "Pour moi, peu importe qui aide, du moment que les Africains en retirent des bénéfices. Peu importe la couleur du chat, tant que vous réussissez à attraper la souris." Voir le site du Docteur Krisana

This ariticle was published at www.lepetijournal.com : Tuesday 28 April 2009

Portrait – Krisana Kraisintu, the fight of one pharmacist against AIDS

Tuesday 28 April 2009

After having battled alone to launch the production of generic medicines against AIDS in Thailand, the pharmacist, Krisana Kraisintu devotes herself now to Africa. Not forgetting Asia, Krisana is ready to train African scientists….in China.

A simple “good sense”. Difficult to be more humble than Krisana Kraisintu who describes the beginnings of her fight to facilitate the access for treatment for Thai people infected with AIDS. It has been a great part of the works of this pharmacist who comes from a rich family in the South of the country, who has made it permissible (possible) for the majority of Thai patients to benefit for free treatments. From the beginning of 1990s, Krisana worked for the Government Pharmaceutical Organisation (GPO). The scientist (Krisana) became aware of the very high cost of treatment against AIDS. Without any support from GPO, this pharmacist decided to take the matter upon herself to produce generic medicines which are a lot cheaper. “Starting the production has been very difficult. I’ve had (attended) conferences and seminars to make announcements to find the raw materials, very expensive. Nobody wanted to work with me. I’ve suffered a lot psychologically” remembered by Dr. Krisana, her jovial face, brushing with pepper and salt. She received telephone threats. The financial stakes are enormous in this domain (field), in particular for the western pharmaceutical laboratories. A force of tenacity, Krisana reached her goal in the end. The first medicines were ready in 1995. In 2002, all the AIDS patients in Thailand, around 20,000 persons, could benefit from the treatments, compared to only 600 in 1991. In 2001, she developed a cocktail of 3 molecules, making it possible for simplifier treatments.

In Congo, ravaged by the war.

Therefore, Krisana considered that she was sufficiently satisfied with the situation in Thailand and turned to win another battle. First place, Africa.

In 2002, she departed for (traveled to) the Democratic Republic of Congo (DRC) to help the owner of one pharmaceutical factory to launch the generic production of anti-HIV medicines. In that region of North Kivu, ravaged by the war, Krisana restarted everything from zero, from the reconstruction of the factory to the training of its employees. Again, her efforts paid off. In 2005, the production of generic medicines started allowing for treating 30,000 persons. “I would never forget the sentence that the Congolese said to me to thank me: “The knowledges that you have brought (given) to us, nobody can take it from us”.” She also helped Tanzania to establish a factory as well as in many West African countries, within the framework of the projects supported by the Ministry of Foreign Affairs of Thailand. She broadens (expands) the range of medicines to permit the fight against Malaria. Her last project to date: associated with China, which invests massively in Africa, to fight against Malaira. Krisana has also succeeded in constructing a pharmaceutical factory in the North East of China. She plans to send some Africans for training there and is critical of those critics who are against Chinese policy in Africa. “For me, to help, no matter what, as long as Africans derive the benefits. No matter what colour of the cat, as long as you succeed in catching a mouse.”

Translated by A member of Dr.Krisan's Fan club

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Bibliography in French

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